Suivi post-thérapie en centre de traitement des dépendances : attention à la déresponsabilisation… | Protecteur du Citoyen
14 avril 2014

Suivi post-thérapie en centre de traitement des dépendances : attention à la déresponsabilisation…

Corps

attentionLa plainte

Une dame aux prises avec un problème de dépendance séjourne dans un centre de traitement spécialisé pendant un mois. Par la suite, elle accepte de prendre part à des séances de suivi de son traitement, mais en est insatisfaite. Elle dénonce les manquements qu'elle a constatés aux responsables du centre. N'obtenant d'eux aucune réaction satisfaisante, elle se plaint au Protecteur du citoyen.

L'enquête

  • Dès la fin de sa cure d'un mois, la dame se fait offrir des séances de relation d'aide dans le cadre de ce que le centre appelle « le suivi post-thérapie ».
  • L'intervenante pour ces séances exerce aussi ses activités à l'intérieur du centre en tant que travailleuse autonome.
  • Cette étape qui survient après le mois de traitement est encadrée et fortement encouragée par le centre qui voit d'ailleurs aux volets logistique et financier des séances (ex. : prêt de locaux).
  • Selon cette dame, l'intervenante a eu une attitude inacceptable à son égard et a commis plusieurs manquements de nature éthique, lui causant des préjudices réels.
  • Lorsqu'elle s'en plaint aux autorités du centre, celles-ci se dégagent de toute responsabilité, faisant valoir que l'intervenante agit comme travailleuse autonome ne relevant pas de l'établissement pour les services qu'elle dispense en « suivi post-thérapie ».
  • Il s'ensuit que la personne perd tout recours en cas d'insatisfaction au stade de la post-thérapie.
  • Le Protecteur du citoyen n'a pas compétence pour juger de la conduite éthique ou professionnelle de la travailleuse autonome.
  • Par contre, il a compétence sur l'établissement et considère que son fonctionnement à cet égard est déraisonnable. De fait, en raison d'un contrat entre le centre et une travailleuse autonome, toute garantie de qualité des services disparaît dans le cadre d'une post-thérapie qui se déroule pourtant dans ses locaux. Ceci apparaît au Protecteur du citoyen comme une source de conflit d'intérêt potentiellement préjudiciable aux usagers.

Les conclusions du Protecteur du citoyen

Le Protecteur du citoyen a recommandé au centre :

  • de mettre fin à son processus de référence et de suivi de sa clientèle par des intervenants en pratique autonome;
  • de l'informer des nouvelles mesures mises en place afin d'offrir aux usagers, s'il y a lieu, un suivi post-thérapie.

Le centre a rapidement avisé le Protecteur du citoyen de sa décision d'inclure les services post-thérapie dans les services courants de sa programmation régulière. En conséquence, cette étape est désormais assortie des mêmes normes de qualité et des mêmes recours (commissaire aux plaintes, Protecteur du citoyen) que les services donnés dans le cadre du séjour en hébergement.